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Gestion du patrimoine artistique privé : se former par la pratique

Une exposition organisée par les étudiants de l'Executive Master Gestion du patrimoine artistique privé, en lien avec POUSH - Manifesto.

Photo de Cristina Turiel sur l'exposition "La Matière du monde", cas pratique de l'Executive Master Gestion du patrimoine artistique privé en formation continue, Université Paris Dauphine-PSL

Lancé en janvier 2021 par Dauphine Executive Education, en partenariat avec Christie’s, l'Executive Master Gestion du patrimoine artistique privé forme des professionnels déjà aguerris du secteur du patrimoine et du milieu artistique. Par la théorie, mais aussi la pratique.

Gestion du patrimoine artistique privé : se former par la pratique

Fin septembre, c’était un véritable branle-bas de combat pour les apprenants de l’Executive Master Gestion du patrimoine artistique privé, et la conclusion d’un travail engagé depuis plusieurs mois. En effet, afin de valider leur formation, il leur a fallu organiser une exposition et un vernissage, de A à Z, de façon collective.

Trouver une cohérence
 

Un exercice difficile, néanmoins très formateur, estime Florence Couttet-Ollivary, l’une des étudiantes de cette formation dédiée aux professionnels en activité : « C’était un véritable travail de collaboration. Nous nous sommes beaucoup entraidés, en mettant au service de tous notre propre réseau et nos compétences personnelles. Nous sommes en tout cas ravis du résultat, environ 240 personnes sont venues et nous avons vendu plusieurs œuvres, de quoi atteindre l’équilibre financier ».

Pour réussir cet exercice, il leur a fallu découvrir le travail de galeriste, du contact avec les artistes à l’organisation de l’événement, du transport des œuvres à la communication… « On a beaucoup tâtonné au départ, nous étions pour la plupart novices, notamment dans nos liens avec les artistes. Le premier challenge a été de trouver une cohérence et une thématique commune entre leurs différentes œuvres ! », se souvient Corinne Barré. D’autant que le choix des artistes leur est imposé. Il faut alors prendre contact avec eux, se présenter, leur expliquer en quoi ces galeristes d’un jour peuvent leur être utiles. Après échanges et réflexions, le thème de l’exposition est trouvé : La matière du monde.

Pinceaux et relations
 

Pour être plus efficace, l’équipe se répartit en plusieurs pôles, montage, communication… Chacun donne de sa personne jusqu’au jour J, quitte à sortir les pinceaux et à repeindre ensemble les murs du lieu atypique où se déroule l’exposition, un ancien bureau de poste, en compagnie d’un des responsables de la formation.

Le jour J, chacun a invité son propre réseau. De quoi rassembler du beau monde, notamment via les personnes travaillant dans l’univers de la finance et de la gestion de patrimoine. « Là-dessus, nos expériences ont payé, nous avons ramené une belle clientèle. C’est clairement un avantage par rapport à des étudiants en fin de parcours de 22 ou 23 ans, qui auraient fait venir leurs parents et leurs amis. Nous avons tous un réseau professionnel solide », confirme Corinne. Au final, six œuvres seront vendues au cours de la soirée, une jolie réussite pour les apprenants.

« L’exercice le plus exaltant »
 

Pour ce faire, nos galeristes en herbe ont joué le jeu jusqu’au bout, présentant les différentes œuvres et artistes aux personnes venues pour le vernissage. « On a tous avancé un peu d’argent à titre personnel, pour financer le traiteur, le champagne, la peinture… Au final, ce projet était à la fois l’exercice le plus clivant et compliqué, mais aussi le plus exaltant, celui qui a resserré les liens entre nous », lance en souriant Florence Couttet-Ollivary, ravie de l’expérience. Bref, une sacrée aventure qui ponctue un cursus déjà intense.

Côté académique, les enseignants sont eux aussi satisfaits, la bonne tenue de ce vernissage faisant partie intégrante du programme. « Les étudiants doivent à la fois travailler sur leur mémoire, leurs différents devoirs, et cette exposition. Elle leur permet de mettre en pratique tout ce qu’ils ont appris durant la formation, aussi bien les contrats, les questions d’assurances, de logistique, de valorisation, de rencontre avec la presse, les sponsors… Une chose est sûre, ils ont donné d’eux-mêmes pour aller au bout », acquiesce Amélie de Bryas, responsable de l’Executive Master, qui a réuni pour sa toute première promotion 18 personnes.

Connaissances et réseau
 

Alors, que viennent chercher ces professionnels, déjà bien installés dans leur carrière, dans cette formation ? Son objectif est d’adapter les enseignements de gestion du patrimoine aux spécificités du marché de l’art. Et en réalité, chaque apprenant est venu y trouver des clefs bien particulières, selon des projets qui lui sont propres. Corinne Barré, par exemple, est agent immobilier dans le Var : « Mes clients étant souvent collectionneurs, j’ai réfléchi à un projet permettant d’exposer des œuvres d’art dans les futurs biens que j’aurai à la vente, afin de leur apporter également cette compétence, sur comment gérer une collection ».

De son côté, Florence Couttet-Ollivary vient de l’univers de l’investissement financier. Elle a vu dans ce cursus l’opportunité de mêler son métier avec sa passion de toujours pour l’art. « Durant le programme, j’ai pu rencontrer quelques gestionnaires de patrimoine artistique. Je vois bien que c’est une micro-niche, mais cela me donne des clefs pour intervenir en tant qu’intermédiaire ». Karine Dunesme, enfin, vient de l’autre côté de la barrière, galeriste et directrice de publication d’un magazine d’art, afin d’acquérir de nouvelles compétences et un réseau. « Les retours sont très bons, les étudiants n’imaginaient pas une telle cohésion de groupe. Cela a même donné l’envie à certains de poursuivre leurs études », se réjouit Amélie de Bryas. Forte de cette bonne première expérience, l’université vise désormais à recruter la prochaine promotion de l'Executive Master Gestion du patrimoine artistique privé, qui démarrera en janvier 2022.

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