Executive PhD : À la découverte de la recherche

Chaque année, ils sont environ une quinzaine à rejoindre cette formation pas comme les autres. L’Executive PhD Dauphine-PSL est en effet une aventure particulière, menant à la rédaction d’une thèse. Ouvert à des professionnels aguerris attirés par l’univers de la recherche, il dure trois à cinq ans, en parallèle d’une carrière. “Il s’agit d’un diplôme de formation à la recherche appliquée. Là où un MBA vise à accumuler et à mettre à jour des connaissances, l’Executive PHD, lui, a une optique complètement différente, celle d’apprendre à en développer, à se familiariser à la démarche scientifique”, explique Isabelle Bouty, codirectrice du programme. Auparavant nommé DBA (doctorate in business administration), l’Executive PHD existe depuis 2008 à Dauphine, l’une des premières universités françaises à s’être lancée dans ce type de formation, apparue aux États-Unis dans les années 1980.
UN CURSUS SÉLECTIF
La première chose à savoir : le cursus est sélectif. Parmi les prérequis figurent a minima un niveau bac+5 et une décennie d’expérience à des postes à responsabilité.
“Le point commun de tous nos participants est qu’ils ont une curiosité d’apprendre, de comprendre et de créer du savoir. Nous commençons par des réunions d’information, très importantes pour présenter le programme. Les candidats constituent ensuite un dossier et un projet de recherche, une déclaration de curiosité vis-à-vis d’un phénomène observé dans leur vie de manager, d’une dizaine de pages”, détaille Isabelle Bouty. Étape finale : un entretien. “Il sert à tester la capacité de l’individu à se projeter, à observer sa soif intellectuelle. Ce programme est un engagement fort : une fois inscrit, il faut aller au bout.” In fine, 50 % des admissibles sont admis. La raison de cette vigilance : l’Executive PhD Dauphine-PSL est exigeant. La première année est consacrée à des cours théoriques et de méthodologie, ainsi qu’à un affinage des sujets. Puis, des séminaires d’approfondissement encadrent les travaux de chacun, jusqu’à la soutenance. Chaque thèse s’appuie sur des connaissances scientifiques, mais aussi sur une étude empirique afin de “répondre à une problématique de management, en mobilisant les concepts et théories pertinents”, selon le site du cursus. Nicolas Fagot Isabelle Bouty.
CONNAISSANCES ET PERSPECTIVES
Le tout avec une dimension internationale.
“Les cours sont en anglais, car la recherche en management se diffuse principalement dans cette langue. Les participants ont souvent une expérience internationale significative et nous comptons de nombreuses nationalités parmi les promotions”, confirme Isabelle Bouty. En effet, 30 % viennent de l’étranger. Le format est en “part-time”, adapté à un quotidien professionnel. “Nous vérifions que les employeurs de nos participants soient informés de leur inscription. L’idéal est de négocier une demi-journée par semaine, de dégager du temps pour son projet. Les entreprises comprennent généralement ce que cela peut leur apporter, en termes de nouvelles connaissances et de perspectives”, souligne Isabelle Bouty. Certains réussissent même à faire financer leur formation par leur employeur…
